24 juin 2009
Spaghetti à la chapelure et à l'ail presque comme Nonna
Chez Nonna et Nonno, le dimanche midi, quoiqu'il arrive, on mangeait toujours des pâtes ! Nonna faisait des pâtes à la main, des pâtes fraîches comme on dit. Elle commençait très tôt le dimanche matin, avec son tablier et ses paquets de farine un peu partout, ses torchons à carreaux sur lesquels elle faisait sécher ses pâtes et sa machine dont la lourde manivelle se coinçait de temps en temps. Mon Nonno n'était jamais très loin derrière elle, à fourrer son nez partout, pour un petit détail ou parfois même pour rien. On voyait dans ses yeux qu'il était fier, fier de pouvoir présenter à ses enfants et petits-enfants la pasta della nonna, notre Nonna, Pipa... Nonno regnait en bout de table, en digne chef de famille, avec toujours à portée de main un verre de vin rouge, très rouge. Il demandait maintes et maintes fois si "elles étaient bonnes, les pâtes à la Nonna", et nous reservait d'office même si on disait que non, on n'avait vraiment plus faim. Parfois il y avait Tata Conchetta et Tonton Chicho, avec ses pantalons montés jusqu'à la taille, qui venaient partager le repas, alors là on n'avait pas fini de reservir des verres de vin et d'entendre des conversations animées en moitié sicilien - moitié français sicilien. La Zia Conchetta était juste un peu plus grande que sa soeur Nonna, mais sinon, c'était la même, avec une teinture rousse. Nonna était toujours ravie, souriante, peu souvent à table, occupée à servir les polpette et les roulades de viande. Elle gardait toujours son tablier, même pour manger, et d'ailleurs on était obligé de venir l'asseoir de force à sa place, car elle avait toujours en tête de servir les autres sans penser à elle.
Quelques fois, le dimanche soir nous restions dîner, et alors Nonna préparait des pâtes à la chapelure. Des spaghettis souvent, elle les faisait cuire et pendant ce temps elle faisait griller de la chapelure dans une poêle, puis elle écrasait de l'ail et du vert de blettes qu'elle faisait revenir dans de l'huile d'olive. Et cela faisait une garniture pour les pâtes extraordianire, simple comme ma Nonna. Enfin, cela fait partie de mes souvenirs, je me suis peut-être fourvoyée dans les ingrédients, car cela fait bien longtemps que la Nonna ne cuisine plus... mais malgré tout, sa cuisine reste et restera à jamais gravée dans mon coeur, comme la plus simple, la plus authentique et la plus généreuse qui soit.
Ingrédients
spaghetti
amandes émondées
basilic frais
ail frais
huile d'olive extra
parmesan fraîchement râpé
chapelure
poivre du moulin
Recette
Faire cuire les pâtes comme indiqué sur le paquet en prenant soin de les sortir 2 minutes avant.
Ecraser l'ail.
Faire griller les mandes à sec dans une poêle.
Dans un mini robot ou un mortier, piler les amandes, le basicil, l'ail, le parmesan et l'huile d'olive.
Faire griller la chapeleure dans une poêle, y verser les pâtes cuites, ajouter le "pesto" à base d'amandes et mélanger vigoureusement tout en laissant la poêle sur le feu doux.
Arroser d'un filet d'huile d'olive, donner un tour de moulin de poivre noir.
Déguster avec un bon verre de vin à la santé de Nonna!
22 avril 2009
Cake whisky et cacahuètes
J'ai toujours adoré les mots qui finissent en "ette" : pirouette, estafette, couette, saperlipopette, chouette... c'est plein de vie et de gaieté, cela donne envie de sautiller, de s'envoler, de taper des mains; c'est très enfantin ! Comme mon humeur du moment. J'ai très envie de m'amuser, avec n'importe quoi, avec rien même parfois; il suffit juste de s'imaginer et on peut aller très loin, même vers ce qui n'existe pas. L'imaginaire n'a aucune limite, aucune règle, c'est peut-être pour ça que je m'y attache autant...
"Consigne des minutes heureuses", de Françoise Lefèvre. Consigner, répertorier, lister dans des carnets, j'aime beaucoup ce mot "consigne" mais au sens décrit plus haut, en ce qui concerne les "consignes-devoirs", passons. Les minutes heureuses, pas les jours, ni les heures, les minutes, ce sont donc ces petits rien, qu'on a souvent tendance à ne même pas voir, trop pris la vitesse de la vie qui nous file entre les doigts. Des nouvelles à lire lentement, on n'est pas pressés, je trouve qu'au printemps c'est bien, à l'automne aussi, d'ailleurs juste une phrase extraite du livre que j'adore :
"Tu ne trouves pas que l'automne, ça sent les vieilles clefs?"
Recette
50g de cacahuètes non salées
50g de noisettes décortiquées
100g de talon de jambon cru
100g de jambon blanc
150g de farine
4 oeufs
1 sachet de levure chimique
10cl de crème fraîche semi-épaisse
2 cuil. à soupe d'huile d'olive
3 cuillers à soupe de Whisky
1 cuiller à café de moutarde à l'ancienne
1 pincée de sel
Poivre noir du moulin
Préparation
Mélanger la farine, le sel et la levure.
Ajouter les oeufs et lorsque le mélange est homogène, la crème, le whisky, la moutarde et l'huile.
Verser ensuite, dans la pâte, le jambon coupé en dés, les cacahuètes et les noisettes entières et le poivre selon votre goût.
Verser dans un moule à cake huilé et fariné, puis enfourner à four chaud, grille du four en position basse, environ 45 min à 180°C (th. 6).
Si le cake dore trop vite, le recouvrir de papier d'aluminium.
A emporter emballé dans une serviette vichy, lors d'un pique-nique improvisé!
07 avril 2009
Un lapin d'amande et des biscottis
Ce matin dans ma boîte aux lettres, un paquet cadeau vite déballé, un joli mot écrit sur le dessus du carton, de la paille en papier et un joli sachet de biscuits. Une attention qui me touche particulièrement, se dire qu'elle a pensé à moi en cuisinant, m'imaginer sa cuisine... et sourire à l'idée que ce petit paquet vient de ma Lorraine, le terre où je suis née. Doucement défaire le lien, respirer les biscottis et m'imaginer leur goût, en tremper un dans mon café, savourer, j'aime ce mélange de parfums : rose, amande et cardamome. Cela ferait de jolis prénoms de filles, voilà ce que je me dis... je les imagine toutes les trois en robe de coton, les cheveux défaits, tournoyant dans le vent de printemps. Trois petites soeurs courant main dans la main, trois amies, trois grandes filles...
Merci à toi ma Mirabelle, tu as raison ils te ressemblent ces gâteaux, et je les aime beaucoup. Peut-être nous feras-tu partager la recette sur ton joli blog!
Pour Pâques j'ai modelé un petit lapin blanc, dans de la pâte d'amande. Cela n'a rien d'extraordinaire, j'avais vu l'idée dans un numéro de Marie-Claire idées. Je l'ai trouvé délicat, poétique et il m'a fait pensé au lapin d'Alice au pays des merveilles, sans la montre à gousset et le gilet rouge... Si vous ne l'avez pas lu, allez vite vous installer dans un grand fauteuil ou cachez-vous au fond de votre jardin pour le dévorer, laissez-vous emporter par cette histoire qui me fait penser à ces petits tiroirs secrets, ces tiroirs qu'on ouvre, qui en cachent un autre, puis un autre encore...
Laissez filer le temps...
26 mars 2009
Banana bread
Ce matin, je n'avais pas envie de me lever. Il était l'heure pourtant, mon chéri était sous la douche, mon bébé papotait tranquillement dans son lit, le voisin du dessous éteignait péniblement son réveil et moi, je montais les couvertures sur mes yeux pour faire comme si je ne voyais rien, que non, ce n'était pas l'heure, que oui, tout le monde dormait autour de moi. Puis le bébé a commencé à s'impatienter, le chat à gratter à la porte et mon chéri est entré dans la chambre pour s'habiller... il fallait se rendre à l'évidence, c'était l'heure de se lever. Ce matin, tout m'a semblé trop tôt, le biberon de mon bébé glouton, le petit-déjeuner au beurre salé, le départ de mon chéri au travail pour une longue journée et celui du chat pour sa balade matinale... Et le banana bread, préparé hier soir pour mon chéri, oublié sur la table de la cuisine... non vraiment, cette journée avait mal commencé.
Puis j'ai appris une belle nouvelle, une nouvelle pleine de lumière et de douceur, une nouvelle rose et blanche, dite à petits pas feutrés, une confidence chuchotée à l'oreille, par une personne que j'apprécie vivement, quelqu'un que je n'ai jamais rencontré, mais qui pourtant occupe dans mon coeur une place d'amie, quelqu'un que je croiserai un jour pour de vrai, je me le suis promis. La nouvelle a fait le tour de mon coeur, elle m'a remplie de joie et de couleurs poudrées, elle a accroché des petites ailes à mes pensées, elle a fait que mon matin est devenu lumineux et paisible... la nouvelle disait : "Ce sera une fille..." Merci.
Recette piochée chez Time 4 tea, youpi!
Ingrédients
pour 1 beau cake doré et tendrement parfumé
150g de sucre roux
85g de beurre doux
2 oeufs battus
4 bananes moyennes et bien mures écrasées
1 pomme râpée
250g de farine avec levure incorporée
1/2 c a café de muscade râpée
1/2 c a café de cannelle
1 pincée de sel
Recette
Préchauffer le four a 180 degrés.
Beurrer et chemiser un moule a cake.
Mélanger le sucre,le beurre et les oeufs.
Ajouter les bananes et la pomme.
Puis la farine,le sel et les épices.
Bien mélanger et verser dans le moule.
Cuire 40/45 min.
Laisser refroidir dan le moule pendant environ 30min et laisser refroidir complètement avant de trancher.
16 mars 2009
Confiture douce de poire à la vanille
Dans mon cartable, qui sentait l'encre et la gouache séchée, au milieu des manuels scolaires, des crayons et des classeurs, il y avait mon cahier de souvenirs... c'était à l'époque de l'école primaire, celle où "on se cause" et "on se cause plus". C'était un petit cahier, avec un joli protège-cahier, couleur framboise peut-être, ou rose, je ne me souviens pas, sur la page de garde, il y avait mon prénom et mon nom, certainement l'année aussi, et écrit en attaché, très soigneusement : "Cahier de souvenirs". Ce cahier, c'était comme un petit trésor, qui passait de main en main, mais qui revenait toujours à celui à qui il appartenait. On le prêtait, le temps que nos amis y inscrivent un message, un mot ou plus. Nous, les filles, on y écrivait des petits poèmes, on coloriait la page, on y faisait de beaux dessins de fleurs, d'oiseaux ou de princesses. Si on avait la chance d'en avoir, on collait des images, celles qu'on trouve en planches, et qu'on découpe un peu comme les papers dolls. Je me souviens d'une planche où il y avait des oiseaux, de belles mésanges bleues, et aussi des roses trémières. Ou bien si on avait des paillettes, on en collait sur les pétales des fleurs qu'on avait dessinées, ou alors dans le coeur à côté du prénom de notre amie. D'ailleurs, il arrivait aussi qu'on écrive chaque lettre du-dit prénom l'une sous l'autre, avec une couleur différente à chaque fois, et qu'on inscrive un adjectif débutant par chacune des lettres: Lumineuse, Adorable, Unique, Rigolote, Intelligente, Amoureuse, Naturelle, Extraordinaire... Si seulement j'avais gardé ce cahier dont j'ai dû lire et relire les pages, le soir, dans ma chambre de petite fille aux rêves d'amitié éternelle...
Ingrédients
pour 3 pots gourmands
1 kilo de poires
1 gousse de vanille
1/2 cuillère à café d'extrait de vanille liquide
500 g de sucre cristal
1 verre de jus de pomme
Recette
Eplucher, épépiner et couper en morceaux les poires.
Fendre la gousse de vanille en deux et gratter les grains.
Mettre les poires et la vanille (la gousse et les grains) dans une casserole et porter à ébullition le jus de pomme.
Cuire à feu doux pendant 10 à 15 minutes jusqu'à ce que l'eau ou le jus se soit évaporé et que les fruits soient réduits en compote épaisse.
Hors du feu, ajouter le sucre cristal et mélanger jusqu'à ce que le sucre ait fondu.
Remettre à cuire sur feu vif. Compter 10 minutes de cuisson après reprise de l'ébullition. Ecumer et mélanger souvent. Poursuivre la cuisson 2 minutes pour une confiture plus consistante et une couleur plus caramélisée.
Mettre en pot.
Se régaler sur des crêpes, des tartines ou le bout des doigts!
25 février 2009
Mon coleslaw rose
Quand j'étais petite, j'ai été amoureuse, souvent, de garçons, plus ou moins grands. Lorsque j'y repense maintenant, avec mes yeux d'adulte, je me dis que ces amours-là n'avaient rien de semblable avec l'amour que je vis maintenant. Mes amours de petite fille étaient faits de longues rêveries, de pensées interminables et de longs soupirs. L'attente, cela se résumait à cela finalement, attendre de le voir, que nos regards se croisent, attendre un sourire, guetter les moindres gestes, leur donner une signification folle; tout avait de l'importance, rien n'échappait à mes yeux alanguis. Mais c'était bien sérieux toutes ces histoires quand même, c'était bouleversant, ça chamboulait tout dans ma vie et dans mon coeur. Puis on grandit et ces petits amours s'envolent, légers comme des papillons qui se seraient posés sur notre coeur, mais on les garde avec nous, ces visages qui nous ont tenu chaud les matins d'hiver, qui nous ont fait revêtir nos habits de princesse et qui ont coloré nos joues de rose empourpré. Et malgré tout lorsqu'on y repense, on se sent un peu plus légère, juste parce qu'ils nous font retomber d'un coup, dans l'univers de notre tendre enfance.
Dans ma bibliothèque, un livre de poche tout usé, d'une collection qui peut-être n'existe plus, un livre tout vieux et vivant comme je les aime, que j'ai lu et relu sans me lasser : "Ben est amoureux d'Anna" ou "Ben liebt Anna", car je l'ai lu en allemand aussi, sa langue d'écriture. Ben est allemand d'ailleurs, il a dix ans et va tomber amoureux d'une nouvelle venue dans sa classe, elle s'appelle Anna, elle vient de Pologne, elle est différente et ils vont s'aimer. Une histoire toute simple, mais si on ouvre nos yeux d'enfants, on y trouvera une richesse inattendue.
Ingrédients
pour toute une tribu de petits amoureux
1 pomme Pink Lady
2 carottes
1 betterave crue
1/4 de chou rouge
1/4 de céleri boule
mayonnaise maison
sauce Worcestershire
Recette
Eplucher la pomme, l'épépiner.
Peler les carottes, la betterave et le céleri.
Râper la pomme, les carottes, le chou rouge, le céleri et la betterave dans un robot à l'aide de la grille moyenne.
Préparer une mayonnaise et la mélanger à de la sauce Worcestershire selon votre goût. Bien mélanger.
Verser la sauce sur vos crudités, mélanger soigneusement et mettre au frais au moins 4 heures.
19 février 2009
Courgettes frites comme en Sicile
Lorsque ma maman est arrivée en France, elle avait à peine dix-sept ans. Elle était mariée, avait une petite fille de deux ans et un petit bébé n'allait pas tarder à naître. Elle était venue de Sicile avec son mari, rejoindre ses parents, qui eux étaient déjà installés en France. Ils sont venus pour le travail, ils ne parlaient pas un mot de français. Le destin a voulu que ma maman perde son mari peu de temps après leur arrivée, puis il a voulu qu'elle rencontre mon papa. L'amour faisant, une année plus tard nous étions une famille de quatre enfants. Quand j'y repense, je me dis que ma maman a eu deux vies, celle en Sicile, la terre où elle est née, celle de son enfance et de son premier amour, puis la vie d'ici, la langue à apprivoiser, les gens, la manière de vivre, le climat. Pourtant quand je la regarde, je ne vois rien de toutes les blessures qu'elle a pu avoir, je ne vois qu'une évidence: une mère, entourée de ses enfants, ses petits-enfants, sa tribu.
De la Sicile, je ne connais pas grand chose, juste ce que ma maman a pu m'en raconter, et surtout la cuisine de ma nonna et les souvenirs de nos dimanches au "bloc", là où ils habitaient quand j'étais petite. Ce n'était pas très grand, dans des bâtiments où il n'y avait que des italiens quasiment. On se serrait, il y avait du monde partout, dans la cuisine au rideau en plastique multicolore, le salon et même les chambres. Je me souviens des jeux avec mes cousines dans le sous-sol du bâtiment, de la voiture à pédale de mon frère que nous nous disputions, et de mon nonno et ses glaces à la "pichtache" qu'il nous préparait inlassablement. Et aussi de la machine à café italienne qui n'en finissait pas de chauffer, des parties de cartes mouvementées et de la sauce de tomates fraîches qui mijote dans la cuisine.
"La cucina", de Lily Prior, un petit livre à déguster avec gourmandise, plein de sensualité et de gastronomie, avec un peu de mafia sicilienne mais juste ce qu'il faut. je n'en dirai pas plus, les premiers mots du livre suffiront :
"Dépose un tas de farine sur la table, la vieille table de chêne qui nous vient de Nonna Calzino, patinée par des années d'usage quotidien. Il en faut juste assez, ni trop, ni trop peu. De la fine farine de blé dur du moulin de Papa Grazzi à Mascali. Ajoute une bonne pincée de sel. Fais un puits et casses-y des oeufs entiers extra-frais, plus quelques jaunes, puis incorpore un filet d'huile d'olive premier choix et quelques cuillerées d'eau froide."
Recette tirée du livre "La cuisine sicilienne", Eufemia Azzolina Pupella
Ingrédients
pour 1 nonno, 1 nonna, 1 maman, 1 papa, des enfants
1 kilo de courgettes
1 verre de vinaigre
1 cuiller à café de sucre
5 feuilles de menthe
30g de raisins secs
1 gousse d'ail
Sel, poivre
huile
Recette
Couper les courgettes en tranches.
Les faire frire à l'huile très chaude dans une sauteuse avec la gousse d'ail entière puis l'enlever dès qu'elle est dorée.
Saupoudrer de sucre.
Ajouter la menthe ciselée et les raisins secs, mélanger délicatement.
Arroser de vinaigre, couvrir et éteindre le feu.
Si vous cassez des oeufs sur cette préparation, vous obtiendrez une succulente omelette!
04 février 2009
Crêpes déferlantes au quinoa
Quand on parle de crêpes, je pense directement à la Bretagne. Je pense au caramel au beurre salé, au vent qui se lève, au chocolat chaud qui fume dans ma tasse, à mes mains posées sur la table du petit bistrot, là, juste près de l'océan, où quelques vagues viennent cogner contre les rochers. Je frissonne un peu, mais mon chéri est à mes côtés, c'est lui qui m'a fait découvrir ce beau pays, et c'est lui que j'aime à travers tout. On a fermé nos manteaux, on a froid aux oreilles et le bout du nez rouge, il va être bientôt 18 heures, doucement se diriger vers les rochers, y grimper et s'asseoir, attendre que la dame aux chats arrive, et avec elle tous les chats qui dormaient paisiblement sous les rochers, les queues pointues qui se lèvent, impatientes et avides de manger, la dame aux chats avec ses boîtes et ses tupperwares, ses sachets en plastiques et son écharpe qui pend. Discuter un peu avec elle, savoir combien il y a de chats cette année, lequel est le plus vieux. Les chats ronronnent et se frottent à elle, ils la remercient d'un battement de paupière, puis repartent à l'abri, dans les rochers. La dame remballe ses boîtes et ses fourchettes, elle part rejoindre son mari qui l'attend, plus loin, à discuter avec un vieux monsieur d'ici. Moi je veux rester encore un peu, à regarder les chats du port de Lesconil, à regarder les vagues, le ciel au loin, à respirer le sel et le vent. Juste moi, mon chéri et la vie.
Lisez "Les déferlantes", de Claudie Gallay, cela se passe à la pointe du Cotentin, ce n'est pas la Bretagne mais ça m'y fait penser. Quand on lit les premières pages, on y est déjà, on a envie de se servir un thé chaud et de se rouler en boule sous la couette. On est avide de savoir qui est Lambert, ce qu'il vient chercher sur ces terres retirées, que cache-t-il et quel est son passé. C'est une histoire remplie de personnages attachants, la narratrice nous emmène facilement dans son monde intérieur, on a immédiatement envie de la suivre, sans trop savoir où cela va nous mener. On se laisse prendre, comme par une vague.
Après vous mangerez des crêpes au parfum un peu rustique, avec des flocons de quinoa dans la pâte, ou de l'avoine ou ce que vous voudrez. Des crêpes un peu épaisses, avec du fromage frais tartiné dessus, juste un soupçon de poivre noir. Ce sera réconfortant.
Ingrédients
pour contenter deux grands enfants
130 ml de lait
3 cuillères à soupe de flocons de quinoa
2 oeufs
150 grammes de farine de blé
1 cuillère à soupe d'huile d'olive
1 pincée de sel
Recette
Dans un bol, verser le lait et les flocons de quinoa. Laisser reposer dix minutes.
Verser la farine dans un saladier avec une pincée de sel et mélanger. Ajouter les oeufs et mélanger.
Ajouter l'huile d'olive et le mélange au lait petit à petit et mélanger vivement.
Laisser reposer votre pâte une vingtaine de minutes.
Cuire des petites crêpes dans une poêle huilée bien chaude 2 minutes de chaque côté.
A déguster avec une petite salade toute frisée!
13 janvier 2009
Tartelette aux poivrons plutôt rouge
Le rouge, c'est ma couleur du moment, je trouve que cela a du caractère, c'est dynamique, vif et plein de vie! Cela tombe bien parce que mes poivrons préférés sont les poivrons rouges, je les trouve doux et sucrés, parfumés tout comme j'aime. Je vous propose une petite tartelette vraiment vite préparée et pleine de saveurs!
Mais avant la recette, je vais vous "embêter" avec un livre, oui, oui, je sais que ça embête certain d'entre vous, qu'on ne voit pas le rapport entre la cuisine et les livres, je dirai juste qu'avec les deux on se nourrit. Alors voilà, j'ai sorti de ma bibliothèque un auteur que j'ai découvert grâce à mon chéri, enfin disons plutôt pour mon chéri, c'était tout au début que nous nous connaissions et nous étions dans une grande grande librairie et je m'étais mis en tête de trouver un livre qui lui correspondrait. Après avoir farfouillé un peu partout, jamais vraiment convaincue de ce que je trouvais, j'ai mis la main sur " Un soir au club ", de Christian Gailly. Déjà le titre m'interpellait, l'histoire du club, un club de jazz ai-je de suite pensé... et c'est bien de cela dont il s'agit. J'ai imaginé immédiatement l'ambiance de ce club, la musique, la lumière tamisée, la fumée, l'enivrement, l'improvisation... j'ai eu envie de connaître les musiciens, je me suis dit que peut-être un ressemblerait à mon chéri, de toute façon, les musiciens entre eux, cela se reconnaît. Alors j'ai acheté le livre blanc, au titre écrit en bleu nuit. Je crois que c'est le seul livre que j'ai vu mon chéri lire presque d'une traite. Je l'ai lu juste après, je suis tombée sous le charme, l'histoire d'un homme qui renaît grâce à la musique et à l'amour d'une femme, c'est écrit un peu comme le jazz, un peu syncopé parfois, un peu d'impro, un peu d'accélération et de vitesse, cela se lit tout seul, avec un fond de musique douce.
Ingrédients
pour 2 amoureux pressés
1 pâte feuilletée
2 poivrons rouges
2 belles tranches de jambon serano
1/2 gousse d'ail émincée
huile d'olive
quelques feuilles de basilic
sel, poivre du moulin
Recette
Laver les poivrons, les épépiner et les couper en lamelles fines.
Les faire revenir dans une poêle avec de l'huile d'olive et l'ail jusqu'à ce qu'ils commencent à griller. Réserver.
Découper deux disques de pâte feuilletée à l'aide d'un petit saladier retourné. Garnir de poivrons et mettre au four préchauffé à 210°C durant 15 minutes environ.
A la sortie du four, disposer le jambon et le basilic. Poivrer généreusement.
Déguster immédiatement, accompagné d'une salade de mesclun aux pignons grillés.
(en écoutant TSF Jazz)
05 janvier 2009
Marmelade étourdissante et ses petites étoiles
Pour commencer cette année, j'ai décidé de vous parler de mon auteur favori, celui dont j'ai lu tous les écrits, le seul que je prends le temps de relire, que je relirai inlassablement. En y réfléchissant bien, je dis "relire", mais chaque lecture est une nouvelle émotion, une nouvelle page qui se tourne. Je ne saurais trop expliquer le style de Christian Bobin, et d'ailleurs je ne le voudrai pas, ce n'est pas ma façon de parler des livres. Juste vous dire que je l'ai découvert alors que je devais avoir juste 20 ans, peut-être que si je l'avais croisé plus tôt , je ne me serai pas arrêtée sur ses pages. Je me souviens la couverture de ce livre* de poche, plutôt fin, en noir et blanc, un nénuphar. J'ai ouvert le livre et lu les premiers mots et c'est comme si ces paroles étaient entrées dans mon coeur, comme si j'avais pu les écrire, moi. En les relisant à l'instant ils ont encore la même force, ils me chamboulent; Christian Bobin c'est pour moi comme une évidence, ce sont des morceaux de vie pure, des petites étincelles d'âme éparpillées au grès des pages. Je vous livre un extrait; je l'avoue, au coeur de tout ce qu'il écrit il y a l'amour, mais, je suis de celles qui pensent que l'amour est partout autour de nous, dans tout ce que nous entreprenons :
"Celle qu'on aime, on la voit s'avancer toute nue. Elle est dans une robe claire, semblable à celles qui fleurissaient autrefois le dimanche sous le porche des églises, sur le parquet des bals. Et pourtant elle est nue - comme une étoile au point du jour. A vous voir, une clairière s'ouvrait dans mes yeux. A voir cette robe blanche, toute blanche comme du ciel bleu.
Avec le regard simple, revient la force pure."
Le titre du livre : "Une petite robe de fête". Ce n'est pas un roman, pas par lui que j'ai commencé; il s'agit de petites nouvelles qui se lisent sans fin, idéalement assise par terre, adossée contre un mur, là où personne ne peut nous surprendre.
Marmelade d'avocat au piment d'Espelette

Une recette trouvée dans la Cucina, elle m'avait intriguée je me souviens, je m'étais promis de l'essayer, puis j'avais oubliée et ce matin, elle est revenue à moi. C'est tout simple mais tellement doux et piquant aussi. Je l'ai accompagnée de petites étoiles faites avec des restes de pâte feuilletée et parsemées de graines de sésames. Je vous conseille de la servir tiède, à l'apéritif, c'est léger et très parfumé.
Ingrédients
pour 4 amis qui ne se sont pas vus depuis longtemps
2 avocats
50g de sucre
25g d'eau
1 pincée de piment d'Espelette
Recette
Mettre l'eau et le sucre à chauffer dans une casserole durant une minute.
Ajouter l'avocat coupé en petits dés.
Après ébullition, retirer du feu et laisser refroidir.
Égoutter et saupoudrer de piment d'Espelette et de poivre du moulin.
Les petits feuilletés, ce n'est rien de bien compliqué, mais dès qu'on y met des étoiles, cela change tout!
* La plus que vive. Christian Bobin



























